Pour faire voter des travaux de rénovation énergétique en copropriété en 2026, vous devez impérativement suivre un processus rigoureux : inscription du projet à l’ordre du jour de l’Assemblée Générale (AG), présentation d’un audit énergétique global, et obtention de la majorité qualifiée selon la nature des travaux (généralement l’article 25 ou 26 de la loi de 1965).
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Pourquoi la rénovation énergétique est-elle devenue une priorité en 2026 ?
Avec le renforcement des réglementations thermiques et l’évolution des diagnostics de performance énergétique (DPE), la rénovation des parties communes et des enveloppes de bâtiments n’est plus une option, mais une nécessité pour maintenir la valeur patrimoniale de l’immeuble. En 2026, les copropriétés non rénovées font face à une dépréciation de leur valeur vénale et à une hausse constante des charges liées aux énergies fossiles.
Réaliser des travaux collectifs permet de mutualiser les coûts, de bénéficier de dispositifs d’aides massifs réservés aux copropriétés et d’améliorer le confort thermique de tous les occupants simultanément.
Comment inscrire un projet de rénovation à l’ordre du jour de l’AG ?
Un copropriétaire ne peut pas décider seul du changement de la chaufferie ou de l’isolation par l’extérieur. Pour qu’un projet soit soumis au vote, il doit suivre une procédure légale stricte.
La demande de mise à l’ordre du jour
Tout copropriétaire peut demander l’inscription d’une question à l’ordre du jour. Cette demande doit être adressée par lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR) au syndic, en respectant les délais de convocation fixés par le règlement de copropriété (généralement plusieurs semaines avant la date de l’AG).
Le rôle crucial du syndic
Le syndic est l’organe exécutif. Pour que votre demande soit acceptée, elle doit être précise. Ne vous contentez pas de demander « des travaux d’isolation ». Présentez un projet structuré : « Étude pour la réalisation d’un audit énergétique global et vote de travaux d’isolation thermique par l’extérieur (ITE) ». Plus le projet est documenté, moins le syndic peut l’écarter pour manque de clarté.

Quelles sont les règles de majorité pour valider les travaux ?
C’est le point de blocage principal. Le succès de votre démarche dépend de la compréhension de la loi du 10 juillet 1965, qui distingue les types de décisions selon leur impact sur le bâtiment.
- L’article 24 (Majorité simple) : Concerne les travaux d’entretien courant. Il est rare que la rénovation énergétique lourde entre dans cette catégorie.
- L’article 25 (Majorité absolue) : C’est la règle pour la majorité des travaux d’amélioration. Il faut obtenir la majorité des voix de tous les copropriétaires (en tenant compte des tantièmes).
- L’article 26 (Double majorité) : Utilisé pour les travaux de transformation ou d’amélioration lourde modifiant l’aspect extérieur ou la structure. Il nécessite la majorité des copropriétaires présents ou représentés ET la majorité des tantièmes.
| Nature du projet | Majorité type | Exemple concret |
|---|---|---|
| Entretien de la chaudière | Article 24 | Remplacement de pièces d’usure |
| Rénovation thermique | Article 25 | Isolation des combles, changement de système de chauffage |
| Transformation structurelle | Article 26 | Isolation Thermique par l’Extérieur (ITE) modifiant la façade |
Quelles étapes suivre pour préparer le vote et éviter le rejet ?
Voter des travaux de plusieurs dizaines, voire centaines de milliers d’euros, ne s’improvise pas. Un vote « à l’aveugle » est voué à l’échec.
1. Réaliser un audit énergétique global
Avant de proposer un devis, il est indispensable de réaliser un audit énergétique complet de l’immeuble. Cet audit permet de définir un parcours de rénovation cohérent (ne pas changer la chaudière si les fenêtres sont des passoires thermiques) et de quantifier les économies d’énergie attendues.
2. Engager un dialogue avec le syndic et le conseil syndical
Le conseil syndical représente les copropriétaires. Travaillez avec eux en amont. Si le conseil syndical soutient votre projet, la mobilisation des autres résidents sera bien plus facile lors de l’AG.
3. Présenter des devis comparatifs et des simulations de charges
L’une des plus grandes peurs des copropriétaires est l’impact sur les charges de copropriété. Présentez un tableau montrant :
- Le coût total des travaux.
- Le montant de l’appel de fonds par copropriétaire.
- L’économie réalisée sur les factures d’énergie (facteur de réduction des charges de chauffage).
Quelles aides financières sont disponibles pour la copropriété en 2026 ?
L’aspect financier est le levier de persuasion numéro un. En 2026, les dispositifs de soutien à la rénovation énergétique sont structurés pour encourager les projets de grande ampleur.
Le dispositif principal reste MaPrimeRénov’ Copropriété, qui peut financer une partie importante des travaux selon le gain de performance énergétique visé. Il existe également des aides via les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE), qui sont versées par les fournisseurs d’énergie pour financer les travaux de rénovation. Enfin, des prêts à taux zéro ou des aides spécifiques de certaines collectivités locales peuvent compléter le plan de financement.
Comment gérer l’opposition des copropriétaires lors du vote ?
L’opposition vient souvent de deux facteurs : la crainte du coût immédiat et le manque de compréhension des bénéfices à long terme. Pour contrer cela, utilisez des arguments factuels.
Montrez que la non-rénovation est un risque financier : un immeuble classé F ou G sur le DPE subira une décote lors de la vente des lots. Expliquez que les travaux de rénovation énergétique sont un investissement qui augmente la valeur patrimoniale du bien. Utilisez des exemples de bâtiments similaires ayant déjà réalisé la transition pour rassurer sur la durée des travaux et l’impact sur le quotidien.
Comment assurer le suivi des travaux après le vote ?
Une fois le vote obtenu, la responsabilité du syndic est de piloter la mise en œuvre. Il est fortement recommandé de nommer un « comité de suivi » composé de membres du conseil syndical et de copropriétaires volontaires. Ce comité pourra suivre l’avancement du chantier, vérifier la conformité des matériaux utilisés et s’assurer que les aides financières sont correctement débloquées par les organismes compétents.
N’oubliez pas que la réception des travaux est une étape juridique cruciale pour déclencher les garanties décennales des entreprises intervenantes.
Pour plus d’informations sur les réglementations en vigueur, vous pouvez consulter le site officiel Service-Public.fr concernant les droits et obligations en copropriété.
Questions frequentes
Quels sont les frais de syndic pour l’inscription d’un projet ?
Le syndic ne peut facturer de frais supplémentaires pour l’inscription d’un point à l’ordre du jour si la demande est conforme. Toutefois, la préparation technique de dossiers complexes peut engendrer des frais de gestion administrative.
Peut-on voter des travaux par correspondance ?
Oui, un copropriétaire peut donner un pouvoir à un autre résident ou utiliser les modalités de vote électronique si le règlement de copropriété le permet. Cela permet d’atteindre plus facilement la majorité requise.
Que faire si le projet de rénovation est rejeté ?
En cas de rejet, il est conseillé de ne pas représenter le même projet immédiatement. Il faut d’abord affiner l’étude, chercher des financements plus importants ou réduire le périmètre des travaux pour le présenter lors d’une AG ultérieure.
L’isolation des murs est-elle toujours soumise à l’article 26 ?
Si l’isolation par l’extérieur (ITE) modifie l’aspect de la façade, elle nécessite généralement la double majorité de l’article 26. Si elle est réalisée par l’intérieur sans modification esthétique extérieure, l’article 25 peut suffire.